Catégorie : Questions de société
27/09/2010

Environnement : OMD: la verte espérance

Auteur : par Fabrice de Chanceuil

 

« Monsieur, faut-il exploiter le minerai de fer de Bélinga si on considère la perte de biodiversité que va entraîner le projet ? » interrogeait un étudiant de l’Université Omar Bongo lors du récent Salon Gabon durable organisé en mai dernier à Libreville (1). Cette question résume à elle seule le dilemme auxquels les pays en voie de développement, plus que les autres encore, sont aujourd’hui confrontés. Pourtant, aucun Etat n’a réellement le choix car, non seulement la protection de l’environnement est désormais inséparable du développement, mais qu’en outre, elle peut également y contribuer.

C’est ainsi que l’Organisation des nations-Unies (ONU) a fait de l’environnement un des huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) aux côtés notamment de la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim, l’éducation primaire pour tous, la baisse de la mortalité infantile et la lutte contre le sida. Adoptés en 2000 par 189 Etats, ces objectifs sont censés être atteints en 2015. Sous l’intitulé « assurer un environnement humain durable », le 7ème objectif comprend quatre cibles : inverser la tendance à la déperdition des ressources naturelles, réduire de moitié le pourcentage de la population qui n’a pas accès à l’eau, réduire dès 2010 la perte de biodiversité et améliorer, d’ici 2020, la vie de 100 millions d’habitants de taudis.

A cinq ans de l’échéance, 140 chefs d’Etat dont le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, se sont retrouvés le 22 septembre au siège de l’ONU à New-York afin de faire un bilan d’étape de l’avancée du programme. Et force est de constater que le bilan est pour le moins « mitigé », selon les propres termes de Joseph Deiss, Président de l’Assemblée générale de l’ONU, et ce, dans tous les domaines. L’environnement n’échappe pas à la règle. En cette année 2010, pourtant proclamée par cette même ONU Année internationale de la biodiversité, les experts admettent que l’objectif de réduction de sa perte attendu cette année n’a pas été atteint . Pire, disent-ils, « si les tendances actuelles se confirment, la perte de biodiversité continuera jusqu’à la fin du siècle, alors que des milliards de personnes en dépendent directement pour leur mode de subsistance ». En cause, entre autre, la déforestation qui, si elle a ralenti pour l’ensemble du monde, se poursuit en Afrique et en Amérique du Sud, tandis qu’en Asie, les programmes de reboisement ne sont pas toujours très favorables à la biodiversité. Autant de pertes aussi de puits de carbone, contribuant en cela à 20% des émissions de gaz à effet de serre qui continent à augmenter, même si, en l’occurrence, la responsabilité incombe aux pays les plus riches.

En revanche, l’objectif d’une diminution par deux du nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable devrait être atteint en 2015 : mais c’est plus une consolation qu’un succès, car 884 millions d’individus n’ont pas encore cette chance, tandis que 2,6 milliards d’hommes sont démunis d’installations sanitaires avec toutes les conséquences qui en découlent en termes de maladies liées aux eaux insalubres (choléra, typhoïde, …) sans qu’une amélioration soit à attendre.

Un pré-rapport sur l’« économie verte », publié à cette occasion, ouvre pourtant des perspectives encourageantes : « Des investissements dans l’énergie propre et les transports durables, comme dans des modes de gestion durable des forêts et de l’agriculture, pourraient largement contribuer aux objectifs de réduction de la pauvreté établis à l’échelle internationale ». Mais qui saura transformer ces perspectives en réalité ?


(1) propos rapporté par Thierry Tené, consultant , président de l’association Alternatives Nord-Sud, sur son site www.thierrytene.com.



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