Catégorie : Questions de société
25/10/2010

Pour une écologisation du monde

Auteur : Fabrice de Chanceuil

Il y a quelques semaines, Hubert Védrine, ancien secrétaire général de la Présidence de la République et ancien ministre des Affaires étrangères sous François Mitterrand, aujourd’hui responsable d’un cabinet de conseil en géopolitique et stratégie internationale, était à Nantes (Loire-Atlantique) pour la clôture d’une journée d’échanges organisée par la Chambre de commerce et d’industrie au profit des entreprises locales désireuses de se positionner à l’exportation.

Dans une très convaincante démonstration, l’orateur a décrit l’état du monde qui, pour la première fois depuis les grandes découvertes, n’est plus dominé par le seul Occident. Paradoxalement, la chute de l’Union soviétique ne lui a pas laissé le champ libre mais a permis, au contraire, l’éclosion de nouvelles puissances émergentes donnant naissance à une compétition multipolaire et mondialisée. Cette situation est aussi la conséquence de l’imprudence des pays industrialisés qui ont facilité les transferts de technologie vers ces nouveaux pays, devenus depuis de solides concurrents, au point que les Occidentaux ne disposent plus que d’une dizaine d’années d’avance sur eux.

Hubert Védrine n’a pas manqué d’égratigner au passage la Commission européenne dont l’obsession à assurer le respect de la libre concurrence et à empêcher tout abus de position dominante a interdit à l’Europe de se doter de grands groupes industriels européens, les seuls à même de jouer à armes égales avec leurs rivaux.

La compétition fait rage dans tous les domaines et si les regards se tournent à la fois vers l’industrie et les services, le conférencier a particulièrement insisté sur le rôle et la place tenus désormais par l’écologie. Pour lui en effet, il ne s’agit pas seulement d’encourager la « croissante verte » venant en appui au reste de l’économie mais de remettre complètement en cause le modèle économique appliqué jusqu’ici. Le réchauffement climatique condamne le développement énergétique fondé sur l’exploitation des ressources naturelles fossiles, dont la durée de vie est d’ailleurs condamnée. La disparition progressive de la diversité biologique, sur laquelle experts et gouvernements se penchent actuellement à Nagoya, n’est pas seulement une perte contrariante pour l’esprit mais un risque avéré de vie impossible pour une grande partie de la population du monde qui en dépend. « Faute du maintien de la biodiversité, la planète sera tout simplement inhabitable » a proclamé l’ancien conseiller diplomatique. Pour assurer l’avenir du monde, celui-ci en appelle donc à une « écologisation » de nos sociétés comme il y a eu, au XIXème siècle, une industrialisation fondant le modèle économique encore en vigueur aujourd’hui. C’est de la capacité des Etats à intégrer cette nouvelle donne que va dépendre désormais leur compétitivité.

Les puissances émergentes l’ont mieux compris qu’on ne le croit et la Chine mise déjà sur un passage complet à l’électricité à partir d’énergies renouvelables. Le Vieux Monde n’est pas condamné pour autant s’il sait prendre à temps l’indispensable virage. Le message est tout spécialement adressé à la France dont l’ancien ministre des affaires étrangères s’étonne de son auto-critique permanente alors qu’elle est encore une grande puissance dont bien de ses concurrents envient les atouts. Décidément peu amène à l’égard de Bruxelles, il a exhorté ses compatriotes à ne pas s’en remettre à l’Europe, à ses yeux un moyen et non pas un but. Il faut en revanche à la France, investir dans la recherche pour rattraper le retard pris dans ce domaine. La dernière Fête de la Science a pourtant montré que notre pays ne manque pas d’instituts et de laboratoires mais plus sûrement de moyens pour leur permettre de conduire leurs travaux. L’enjeu en vaut pourtant la peine. Savoir que le développement du photovoltaïque ou de l’éolien mais aussi des métaux supra-conducteurs, entre autres, est de nature, non seulement, à réduire notre facture énergétique mais aussi à restaurer notre indépendance en ce domaine, c’est-à-dire notre souveraineté, a de quoi nous faire réfléchir.

Et si l’écologisation était aussi le réenchantement du monde ?


Vos commentaires

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cioupcoz, 20-08-11 10:40:

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