26/07/2010

Barbarie et impuissance

Auteur : Serge PLENIER

Qu'y a-t-il de commun entre l’assassinat de Michel Germaneau, les véritables batailles rangées de la région grenobloise, le saccage de Saint Aignan par des Roms et le lynchage commis sur l’autoroute A13 ? La réponse tient en deux mots : barbarie et impuissance.


La barbarie, d’abord : dans tous les cas, nous sommes confrontés à des personnes ou des groupes de personnes pour qui le souci élémentaire de la vie humaine a perdu toute signification. Nous n’avons plus que des groupes rudimentaires et instables parfaitement indifférents à la notion même de lien social. Ces groupes ne connaissent qu’une loi : la peur sur laquelle ils fondent leur domination. Pour eux, les autorités constituées et les gouvernements démocratique ne sont rien d’autre que des groupes concurrents avec lesquels la seule relation possible est le rapport de forces. Qu’il s’agisse des bandes des cités ou des groupes islamistes, la logique est la même : celle du territoire. Le procès des émeutiers de Villiers-le-Bel en a fourni la preuve accablante.


Face à cette barbarie, le sentiment général est celui de l’impuissance. Cette impuissance est d’abord celle de la prévention. Cette impuissance s’est manifestée de façon flagrante, tant sur le plan militaire (contre les ravisseurs de Germaneau), que sur le plan policier. La police de proximité est impuissante devant la toute puissance des caïds de banlieues surarmés. Quant aux opérations à grand spectacle, leur efficacité demeure toujours précaire. Cette situation est sans véritable précédent. Il y a un siècle, la police pénétrait comme elle voulait dans les quartiers des "apaches" ou des "pégriots".


Mais cette impuissance se manifeste aussi dans les discours et les politiques de prévention. Face aux partisans d’une répression qui montre ses limites, il y a le discours de ceux qui crient trop facilement à la stigmatisation ou qui finissent par justifier à force d’excuser. Que l’on sache, le chômage et même la pauvreté n’obligent nullement à tirer contre les policiers ou les gendarmes. Et la prétendue "pourriture" de certains gouvernants ne peut servir d’excuse absolutoire.


Se résigner à cette impuissance serait sans doute la pire des solutions, de même qu’une répression désordonnée et finalement velléitaire. Contenir la barbarie ne suffit pas à fonder une civilisation.


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