Catégorie : Politique
02/08/2010

Le pari de Nicolas Sarkozy

Auteur : Serge Plenier © Acip


Nicolas Sarkozy est revenu à ses fondamentaux et au principal d’entre eux qui est la sécurité. Il est vrai que l’actualité récente l’a puissamment aidé avec les incidents graves de Grenoble (y compris les menaces inouïes contre les familles de policiers). Le président de la République a ressorti son discours bien connu en l’assortissant d’annonces musclées par exemple sur la possibilité de retirer la nationalité française à certains délinquants d’origine étrangère. Habilement, le chef de l’Etat a laissé certains de ses lieutenants comme Brice Hortefeux ou Eric Ciotti surenchérir dans ce domaine, quitte à pouvoir les désavouer ensuite.
Le calcul politique, pour ne pas dire politicien est évident : la présidentielle de 2012 approche et il s’agit de reconquérir le terrain perdu en utilisant la recette qui a si bien fonctionné en 2007. Le chef de l’Etat  espère ainsi drainer une nouvelle fois vers lui l’électorat du Front national, tout en paralysant une gauche toujours mal à l’aise avec les questions sécuritaires. Accessoirement, cela crée un contre-feu utile à l’interminable et délétère feuilleton de l’affaire Woerth qui ternit dangereusement l’image du gouvernement. La sécurité, thème populaire, permet de faire oublier une trop grande proximité avec les très grosses fortunes.
La manœuvre commence à réussir en partie. Les réactions de la gauche se sont révélées plutôt molles et, finalement bien peu audibles. De plus dénoncer à cor et à cri une dérive sécuritaire lorsque des bandes armées s’en prennent aux policiers, ou lorsque des "Roms" saccagent une petite ville, peut se révéler risqué. Le PS est en train de payer ses divisions entre l’"ordre juste" de Ségolène Royal, les vieilles lunes idéologiques et les propos nettement plus fermes d’un Manuel Valls.
Pourtant, la nouvelle offensive de Nicolas Sarkozy n’est pas sans risques. Après tout, l’actuel président a d’abord été, à plusieurs reprises, ministre de l’Intérieur. Son discours actuel peut aussi se comprendre comme un aveu implicite d’échec. De plus, certaines mesures annoncées peuvent rencontrer de sérieux obstacles institutionnels (qu’est-ce que l’"origine étrangère" ?). Enfin, l’opinion pourrait bien se lasser d’entendre régulièrement la même musique.


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