Catégorie : Questions de société
02/08/2010

De dangereux islamophobes ?

Auteur : Jean-Gabriel Delacour © Acip

Le politiquement correct a créé et stigmatisé le terme « islamophobe », jusque-là réservé à « l’extrême droite raciste et fasciste » ? Or, il semble que l’insulte va dorénavant s’appliquer à des hommes politiques qui se trouvent aux affaires, autrement dit qui dirigent ou participent à un gouvernement. Deux exemples, en France et aux Pays-Bas, montreraient ainsi que les ennemis des immigrés de confession musulmane s’installent de plus en plus au pouvoir.
En France, le président de la République est visé après son fameux discours de Grenoble le 30 juillet. Installant le nouveau préfet chargé de faire régner l’ordre après ce que Le Monde du 1er – 2 août appelle « les incidents de la mi-juillet dans le quartier de la Villeneuve » — des attaques répétées à balles réelles après la mort d’un braqueur —, Nicolas Sarkozy a été dépeint comme celui qui osait établir « un lien aussi clair entre immigration et délinquance » (Journal du Dimanche, 1er août). Le chef de l’État est, du coup, accusé de redevenir le « premier flic de France » qu’il se voulait lorsqu’il se trouvait à la tête du ministère de l’Intérieur mais aussi de mettre au point « l’un des éléments fondamentaux de sa doctrine pour 2010-2012 ». Surtout, toutes les belles consciences et les ligues de vertu lui reprochent de vouloir marginaliser une population déjà en difficulté et dans la souffrance. En réalité, ces mesures touchent bien au-delà de certains adeptes de l’islam, puisque des Roms et des gens du voyage font aussi les frais de ce tournant « sécuritaire » — dont on feint d’oublier que les réactions de l’État ont été provoquées après plusieurs jours d’opérations de commando d’une violence inouïe contre des bâtiments officiels. Il est vrai que, comme le disait un responsable de la police nationale après une nuit grenobloise au cours de laquelle six véhicules et un scooter avaient été brûlés, il s’agissait d’une situation « tout à fait normale pour le quartier »…
Et voici que, dans un pays réputé pour sa tolérance et son ouverture, le Parti pour la Liberté de Geert Wilders a annoncé qu’il soutiendrait le gouvernement formé par les libéraux et les chrétiens-démocrates. Certes, ces deux formations ne partagent pas son analyse du caractère « fasciste » de l’islam, mais tous trois se sont mis d’accord sur un plan d’austérité budgétaire. Si on peut s’attendre à des tiraillements sur l’immigration et la sécurité, on doit constater que les deux partis traditionnels ne rechignent pas à discuter d’une question qui, aux Pays-Bas, devient de plus en plus brûlante au fil des ans. Ces dernières années, en effet, débats publics et prises de position ont montré que de plus en plus de Néerlandais ne voulaient plus subir passivement l’intégrisme de groupes et d’individus prêts à imposer par tous les moyens leur mode de pensée et leur manière de vivre.
En réalité, pas plus qu’en France, il ne s’agit d’islamophobes voulant se débarrasser des musulmans. Ce sont tout simplement des citoyens qui tiennent aux valeurs et aux références sur lesquelles ont été construites les sociétés occidentales : si elles ne voulaient plus les défendre, elles n’auraient en effet plus qu’à disparaître.


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