Catégorie : Questions de société
02/08/2010

Chelsea Clinton : un mariage royal !


Y a-t-il une nation plus idéologiquement opposée à toute idée de royauté que les États-Unis ? Et cela depuis la guerre d’indépendance contre la monarchie anglaise ! Et l’instauration d’un régime présidentiel où le président n’est élu que pour 4 ans et renouvelable une fois seulement… Voire !

En politique étrangère, les choses sont-elles si nettes ? Une chose est certaine, la prévention antimonarchique est parfois plus forte que la lucidité politique. Ainsi lorsqu’en 2001, les Américains s’opposèrent au rétablissement du très vieux roi d’Afghanistan, pourtant souhaité par une majorité de l’assemblée traditionnelle qui réunissait tous les partis afghans y compris les plus islamiques. C’était plus fort qu’eux, les Américains préféraient un président, d’ailleurs membre de la famille royale, mais qu’ils croyaient plus à leur botte qu’un roi très vieux mais immensément populaire et qui aurait pu négocier avec leurs ennemis… Erreur qui priva durablement cette guerre d’une possibilité d’issue honorable…


Et en politique intérieure ? Le fait du jour, c’est le mariage de Chelsea Clinton, 30 ans, avec Marc Mezvinsky, 32 ans, un jeune homme d’affaires. Ce dernier est le fils d’un financier et homme politique qui a eu sévèrement maille à partir avec la justice. Mais Chelsea est la fille de l’ancien président des États-Unis (il y a dix ans déjà) et de l’actuelle secrétaire d’État Hilary Clinton… Et ce mariage a été vécu et commenté comme un événement dynastique. Tel que cela avait pu être vécu déjà du temps de la splendeur de la famille Kennedy. Célébré pourtant avec une discrétion confinant au mystère, mais dans un palais inspiré dit-on du Petit Trianon, avec «seulement» 500 invités et pour «seulement» 3 à 4 millions de dollars, l’ensemble de la presse «people» - mais la presse sérieuse aussi - a comparé ce mariage à celui de Lady Diana - dont Chelsea est loin d’avoir la beauté - avec le Prince Charles - qu’il est tout de même difficile de comparer avec un jeune financier juif (d’où une cérémonie «œcuménique» avec un rabbin et un pasteur méthodiste, qui passionne certains médias, notamment en Israël !). « Chelsea, élevée à la Maison Blanche sous le feu des projecteurs de l’actualité, c’est notre petite princesse à nous ! », ont affirmé plusieurs journalistes américains à des confrères étrangers incrédules.


Les féministes américaines sont évidemment furieuses qu’on médiatise ainsi l’héritière des Clinton, comme si le mariage était l’aboutissement le plus important d’une personnalité, dès lors qu’il s’agit d’une femme…


Quant aux grincheux de tout poil, ils insistent sur les mauvais chiffres de l’économie américaine, la catastrophe écologique dans le golfe du Mexique, la guerre en Irak, etc. Justement, l’Amérique se donne un peu de répit et un peu de rêve avec une histoire de «princesse» à la Disney. Se laissant gagner par une émotion «un peu ridicule», les Américains réussissent là, sans l’avoir prémédité, une bonne opération marketing de réhumanisation de leur image internationale. C’est comme un surplus à l’immense succès d’image qu’a été l’élection du président Obama. Alors faut-il parler en termes royaux de cette affaire de famille ? Souhaitons simplement au jeune couple d’échapper le plus possible au tragique qui accompagne si souvent les destinées trop en vue.

Frédéric Aimard


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